samedi, 08 avril 2006

Littérature comparée

Quelque part entre l’hommage et le mépris …

«De tous les auteurs, il n’y en a point que je méprise plus que les compilateurs, qui vont, de tous côtés, chercher des lambeaux des ouvrages des autres, qu’ils plaquent dans les leurs, comme des pièces de gazon dans un parterre. Ils ne sont point au-dessus de ces ouvriers d’imprimerie qui rangent des caractères, qui, combinés ensemble, font un livre où ils n’ont fourni que la main. Je voudrais qu’on respectât les livres originaux, et il me semble que c’est une espèce de profanation de tirer les pièces qui les composent du sanctuaire où elles sont, pour les exposer à un mépris qu’elles ne méritent point.

Quand un homme n’a rien à dire de nouveau, que ne se tait-il? Qu’a-t-on à faire de ces doubles emplois ? ».


[Montesquieu. Lettres Persanes, lettre LXVI - Rica à ***]
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«Je demande pardon aux poètes que j’ai pillés
Poètes de tous pays, de toutes époques
Je n’avais pas d’autres mots, d’autres écritures
Que les vôtres, mais d’une façon, frères
C’est un bien grand hommage à vous
Car aujourd’hui, ici, entre nous il y a
D’un homme à l’autre des mots qui sont
Le propre fil conducteur de l’homme,
merci »


[Miron, Gaston. L’homme rapaillé, En une seule phrase nombreuse]
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… et puis, de quel côté penche votre balance ?