dimanche, 01 octobre 2006
ÉcrivainE !?
Il y a peu de temps, sur un forum consacré à l’édition et à la littérature, un intervenant européen, parisien, pour être plus précise, répondait à l’un de mes messages en me faisant remarquer que le terme «auteure» lui choquait les oreilles.
La féminisation des titres est loin encore d’être passée dans les mœurs en France...
Je viens à peine de voir l’entrevue qu’a accordée Benoîte Groult (86 ans, déjà!) à Tout Le Monde en parle, à la télé de Radio-Canada. Celle qui pendant longtemps a assuré la présidence de la "Commission de Terminologie pour la féminisation des noms de métiers, de grades et de fonctions" se dit elle-même auteure et tient à cette féminisation, qu'elle aurait inventée.
Nul n’est prophète en son pays, paraît-il.
Eh bien ici, au Québec, réjouissez-vous, Benoîte ! On est auteure ou écrivaine sans que cela ne fasse sourciller personne. Et ce doit être en grande partie grâce à vous.
Mes hommages,
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mardi, 19 septembre 2006
Il faut croire en son propre mythe
Je l’ai aperçu sur la tablette, en vente, à un prix ma foi très abordable... Je le cherchais depuis un bon moment déjà –mais il était introuvable- on me l’avait chaudement recommandé. C’est ainsi que je l’ai découvert, ce petit bijou de film qui compte désormais parmi mes coups de cœur.
Il faut l’avoir vu pour réaliser à quel point la folie, en ce bas monde, n’est peut-être pas toujours celle qui paraît en être... comme si, dès qu’on vous prend à avoir un rêve, une aspiration, le moindrement déraisonnable, on vous taxe volontiers d’affections psychologiques diverses. À se demander qui sont les plus sains d’esprit ; les rêveurs et illusionnistes impénitents ou les sempiternels sceptiques et défaitistes qui n’ont d’autres préoccupations que de chasser la fantasmagorie du cœur des Hommes.
Je suis d’avis, après avoir vu Don Juan de Marco, qu’il n’est pas de meilleur moyen d’être heureux, épanoui, et de répandre le bonheur autour de soi que d’oser croire en son propre mythe, quel qu’il soit.
Car c’est ainsi que les rêvent deviennent réalité.
Un peu de folie, dans la vie, pour la rendre agréable, pardi !
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vendredi, 16 juin 2006
Le sceptre et la marotte
Un grand homme n’est plus... la nouvelle a fait le tour des médias dans le temps de le dire. Raymond Devos est mort hier, à l’âge de 83 ans.

Ça n'arrive qu'à moi !
Les gens disent tous la même chose !
Ils disent tous, lorsqu'ils leur arrivent quelque chose:
"Ça n'arrive qu'à moi !"
De temps en temps, il y en a un à qui il n'arrive
rien et qui ne dit pas comme tout le monde.
Il dit: "Ça n'arrive qu'aux autres !"
Parce qu'il a entendu les autres dire:
"Ça n'arrive qu'à moi !",
il croit que ça n'arrive qu'à eux (aux autres) !
Alors que peut-être, il n'y a qu'à lui
que ça arrive de penser que ça n'arrive
qu'aux autres !
Encore que lorsqu'il s'en aperçoit,
il dit comme les autres: "Ça n'arrive qu'à moi !"
Cela m'est arrivé à moi !
Alors si cela vous arrive ...
je veux dire, si vous faites partie de ceux qui
comme moi, disent: "Ça n'arrive qu'aux autres !"
posez leur la question, aux autres !
"Qu'est-ce qui vous arrive ?"
Ils vous répondront tous la même chose :
"Nous ne savons pas ce qui nous arrive,
mais ça n'arrive qu'à nous !"
Par contre, si vous faites partie des autres,
de ceux qui disent: "Ça n'arrive qu'à moi !"
posez-vous la question ... à vous :
"Qu'est-ce qui t'arrive ?"
Et vous verrez que ce qui vous arrive ...
c'est ce qui arrive aux autres !
C'est ce qui arrive à tout la monde !
Et vous conclurez comme moi,
par cette petite phrase sibylline:
"Ce qui n'arrive qu'aux autres n'arrive qu'à moi aussi !"
Et vous vous sentirez solidaire!
Raymond Devos
Voilà qui porte à réfléchir. À la lumière de ce court texte, aux apparences burlesques, j’entrevois une réflexion bien sage qui me donne à penser que c’est exactement de cette manière qu’il faut considérer les choses quand on est un nouvel auteur aspirant à l’édition !
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vendredi, 26 mai 2006
D’amour ou d’amitié
Je discutais l’autre jour avec un ami, lequel s’interrogeait à savoir pourquoi l’amour n’était pas une chose aussi simple que l’amitié. Sur le coup, je n’ai pas su quoi lui répondre mais à la réflexion, il m’apparaît certain que si l’amour devait être aussi simple, commun et répandu que l’amitié peut l’être, cela lui ôterait beaucoup de son éclat. De ce fait, adieu allégresse, papillons dans l’estomac, cœur qui bat la chamade... adieu rêve, romance et poésie, quoi ! On ne pourrait éprouver cela pour tout le monde; ce serait à la longue bien épuisant.
Ce qui fait qu’on aime d’amour plutôt que d’amitié, c’est que l’on reconnaît dans l’autre un être unique, exceptionnel à nos yeux, digne d’une admiration singulière. L’amour confère un mérite particulier, un statut, qu’on ne reconnaît qu’à celui ou celle que l’on distingue de la masse. Il ne peut donc proliférer autant que l’amitié. Il doit forcément, de par sa nature même, être restreint.
S’il est vrai, toutefois, que l’on peut aimer subséquemment plus d’une personne au cours de notre vie, je ne saurais dire s’il est possible d’en aimer plusieurs simultanément –la question est pour le moins mitigée; certains vous dirons que cela est possible, d’autres que non– à mon avis cela demeure une question sans réponse qui ne se résout que dans le cas par cas, selon les particularités.
En fait, pour illustrer la chose, quand bien même vous vous trouveriez au beau milieu d’un harem, messieurs, croyez-vous vraiment que d’amour vous les aimeriez toutes ?
P.S. : En passant, je sais que cela est sans rapport direct mais quelqu’un pourrait-il me dire s’il n’existe pas, quelque part dans le monde, une religion permettant d’avoir quinze hommes, que je m’y convertisse au plus vite ? Ah ! N’ayez donc pas l’esprit si tordu... ! Il n’est question ici ni d’amour ni d’amitié ; c’est que je pense plutôt à l’aspect pratique des choses, moi, voyez... l’un pour aller porter les vidanges au chemin, l’autre pour passer la tondeuse, celui-ci pour réparer la toiture, celui-là pour m’apporter mon petit déjeuner au lit, cet autre pour ceci et cet autre pour cela... le paradis sur terre, quoi !
RE P.S. : Ha ! Non ! Mon Dieu... quelle horreur ! J’y pense : je ne voudrais pas voir de quoi cela aurait l’air, dans mon salon, un soir de Super Bowl... Aillaiyyyaiillle .... !!!
11:48 Publié dans Philosophie du dimanche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 24 mai 2006
Perversion sémantique
Lu, dans un magazine consacré à l’évolution spirituelle, qu’«il n’y a pas de maturité tant que l’on reste un composite d’extériorités».
La réflexion que j’en fais est la suivante :
C’est donc dire que notre définition commune de la maturité est gravement biaisée car l’on a l’habitude de considérer mature celui ou celle qui, après avoir «jeunessé» un temps, acquiert enfin ce que nous appelons «sagesse» et se conforme aux exigences d’une vie dite «rangée» en vertu des lois et conventions qui régissent la société dans laquelle nous vivons. L’âge adulte, dit «mature», ne serait, pour ainsi dire, que résignation...
J’en déduis qu’on est donc plus vrais, plus authentiques, plus fidèle à soi-même à «l’adolescence» (je mets le terme entre guillemets car pour d’aucuns, elle peut durer longtemps !) alors qu’on rejette ouvertement les normes qui nous écrasent tout en se foutant bien de faire scandale. La seule chose qui compte alors est l’expression de notre «moi profond».
Finalement, vu sous cet angle, il faut croire que la maturité se perd avec les années plus qu’elle ne se gagne !
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mardi, 23 mai 2006
Pandémie
On ne veut pas en souffrir... mais on en souffre tous, à divers degrés, qu’on le veuille ou non.
Il n’existe pas de vaccin pour nous en prémunir, ni d’amputation praticable pour extirper ce mal de l’être. Elle nous envahit de manière sournoise. Elle se fait parfois lancinante : la jalousie, cette abominable affection.
Un seul traitement antisymptomatique connu, à doser au besoin, dont les effets demeurent toutefois variables : la rationalisation !
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vendredi, 28 avril 2006
La muse et le poète
«La femme, l’art et la littérature
Il y a eu d’abord la femme objet ou sujet au centre de la production artistique et littéraire. La notion de beauté féminine s’explique en dehors d’elle et sans qu’on ait eu à demander son consentement ou sa conception de la chose. C’est à ce prix qu’une place primordiale lui est accordée partout : dans les films, les magazines, les musées, les cérémonies ou les métiers d’accueil. L’art, luxe de l’esprit, dans les réalisations les plus primitives, les plus réalistes ou les plus stylisées a toujours placé la femme comme figure de proue, même si le personnage féminin se masque dans le thème ou la sensibilité. La femme a acquis une place de choix dans l’art, la littérature et presque toutes les civilisations pour des raisons qui la desservent et qui servent à mettre en valeur les producteurs d’œuvre. Il a fallu qu’à sa libération obtenue de haute lutte, quelquefois en risquant sa vie, que la femme se prenne en charge pour faire valoir ses capacités, son sens de l’esthétique dans l’écriture et le travail de recherche.» *
On dira bien ce qu’on voudra, mais on compte dans l’histoire de l’Art plus d’éloges à la beauté féminine qu’à la beauté masculine. Le sexe féminin nous confine-t-il à n'être toujours que la muse et non le poète ?
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mardi, 31 janvier 2006
Sur un piédestal
Il paraît qu’on ne se sent pas très bien du haut d’un piédestal. Il n'y a, de toute évidence, que les vaniteux pour s’y complaire. Les gens authentiques s’y sentent rapidement très inconfortables. Je connais des gens authentiques qui ne ménagent pas les moyens pour en redescendre, dussent-ils se casser la gueule en tombant du podium. Mais peut-on leur reprocher, malgré leur extrême maladresse, d’avoir cherché à être vus sous leur vrai jour ? Nous savons tous que les gens trop parfaits deviennent vite insupportables.
L’imperfection a incontestablement ses charmes... Et pour preuve, les personnages de romans ne sont jamais, ô grand jamais parfaits, sans quoi avouez qu’ils seraient sans aucun intérêt romanesque.
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mardi, 09 août 2005
Pour une philosophie du sexe
Un bref coup d'œil aux contrées pornographiques du Web permet de faire le triste constat suivant : le sexe est résolument en mal d'amour. Non seulement en mal d'amour partagé mais aussi, et surtout, en mal d'amour propre.
Je n'ai rien contre le libertinage et les excentricités érotiques. Le sexe est un exutoire auquel on a recours selon sa personnalité. Grand bien nous fasse. Ce qui m'afflige est bien autre chose, et c'est plus que la vulgarité elle-même, mais précisément l'avilissement qui en découle et dont les femmes -dusse-je vous rebattre les oreilles avec cette sempiternelle remarque- écopent, semble-t-il, toujours aussi inévitablement.
Soyons clairs, cependant : on ne fait bien sûr pas l'amour en gardant son chignon et ses lunettes aussi intellectuelle que l'on puisse être. Toutes les fantaisies peuvent bien être permises, faut-il s'en remettre alors à nos instincts les plus élémentaires (n'osant parler ici de "bas instincts", l'expression étant consacrée péjorative) lesquels regorgent, comme vous n'êtes pas sans le savoir, de créativité. Mais à consulter les sombres méandres du Net, réservés aux adultes, j'en viens à me demander si les femmes intelligentes et distinguées peuvent éventuellement faire bander les hommes. On en trouve apparemment peu dans le cyberespace.
Il est un fait qu'on ne fournisse pas à ces belles dénudées une seule occasion de s'exprimer, muselées qu'elles se trouvent par le caractère figé des photos. Mais faut-il souligner que les brefs textes commentant ces illustrations s'entendent tous pour qualifier invariablement ces femmes de "salopes", de "chiennes" et de... je vous épargne les autres épithètes, lesquelles sont toutes aussi dégradantes que répandues et émétiques.
Faut-il que le sexe soit revisité par les femmes pour qu'il reprenne ses lettres de noblesse ? J'aimerais pouvoir constater qu'il redevient ce qu'il n'aurait jamais dû cessé d'être; un hymne à la vie, à la jeunesse et à la beauté, aux doux plaisirs de la chair, au mystérieux envoûtement de l'érotisme, aux multiples jouissances possibles et un hommage enflammé -on s'entendra pour le dire- à la beauté du corps des femmes dont la variété doit être célébrée ne serait-ce que pour ce qu'elle donne à rêver aux hommes.
À quand un peu de philosophie et de poésie pour raviver les joies du sexe ?
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lundi, 08 août 2005
Relative jeunesse, mais tout de même !
Ce n’est point vieillir qui est triste; c’est perdre le goût de rire, de sourire, et de plaire. Tous s’entendent pour dire que ceux qui ont su préserver, au fil du temps, ces admirables facultés, ont prolongé du même coup leur jeunesse.
De deux maux, on choisit toujours le moindre...
23:54 Publié dans Philosophie du dimanche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : temps, vieillir, vieillesse, jeunesse





