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<title>Nadia Gosselin - litterature</title>
<description>Blogue de l'auteure</description>
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<title>Le libertin</title>
<link>http://nadiagosselin.hautetfort.com/archive/2006/05/03/le-libertin.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Littérature</category>
<pubDate>Wed, 03 May 2006 21:41:00 -0400</pubDate>
<description>
Je suis allée hier soir au Grand Théâtre où je suis allée voir Le libertin d’Éric-Emmanuel Schmitt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah ! Pas de doute ! J’ai dû vivre un jour à cette charmante époque où les hommes portaient élégamment la redingote et les femmes, en corsage lacés et robes à balconnets, révélaient silhouettes fines et poitrines pigeonnantes en cachant leurs regards ensorceleurs derrière quelque éventail. (soupir)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://nadiagosselin.hautetfort.com/media/02/01/1220486383.jpg&quot; id=&quot;media-1086180&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;diderot.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;Pendant près de deux heures, j’ai été sous le charme de ce Diderot à la morale confuse, constamment tiraillé par ses désirs contradictoires, victime naïve des femmes affriolantes qui l’entourent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne peut s’empêcher de sourire en observant les aléas d’un jour de pose mouvementé, chez ce philosophe aux moeurs libérales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Retiré à la campagne chez son ami d'Holbach pour goûter un peu de repos, le philosophe y est rattrapé par le travail: on lui annonce qu'il doit, de toute urgence, rédiger l'article &quot;morale&quot; pour l'Encyclopédie. La nouvelle tombe mal, l'interrompant en pleine séance de pose - et de séduction - avec Madame Therbouche, femme à l'esprit libre et au charme fou venue faire son portrait. Pris entre travail et volupté, Diderot sera sans cesse dérangé par les autres femmes de la maison et leurs pressantes requêtes. Ainsi verra-t-il ses principes sur le mariage, l'amour, la fidélité mis à l'épreuve, ce qui remet en question, chaque fois, ses idées sur la morale... et le texte qu'il doit écrire *».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui rend les hommes si attendrissants, croyez-moi, c’est assurément le fait qu’ils aient des faiblesses. Et ceux qui s’obstinent à jouer les coriaces ne savent pas de quoi ils se privent; ils ne savent pas attirer sur eux la tendresse des femmes. Le problème cependant avec les libertins, c’est qu’ils émeuvent et troublent les femmes, car souffle avec eux un air rafraîchissant de liberté et de désinvolture, alors certes, on voudrait les avoir dans son lit mais on craint en tout cas de les avoir pour mari ! Car à n’en pas douter, rien n’est plus alarmant que d’avoir un mari volage. Et comme l’affirme Diderot lui-même, forcé de considérer les possibles infidélités de sa femme, laquelle se plait –par une sorte de douce vengeance- à laisser planer le doute, «la morale dépend de la sensibilité de chacun». Ainsi, l’opinion du fourbe et du cocu n’est pas la même quant au libertinage qui apparaît alors, selon le rôle qu’on s’attribue ou qui nous est attribué, une chose intéressante ou parfaitement scandaleuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoiqu’il en soit, le philosophe embourbé dans sa morale confuse en aime une et puis l’autre, subséquemment ou simultanément, sans arriver à faire de choix mais sans en être moins sincère pour autant. «Ce n'est pas de l'hypocrisie: il est chaque fois très sincère, mais il adapte sa pensée selon les situations. Pour lui, la pensée doit être aérienne. En plus, tout en étant raisonné, il est très charnel. Il est mené par le plaisir mais en même temps, c'est un philosophe, qui cherche. Et chacune des scènes l'amène ailleurs dans sa réflexion *». Ce qui le mènera à conclure qu’il n’est pas de choix à faire et qu’il faille se contenter de suivre ses instincts car, après-tout, il n’est pas de réelle morale qui tienne sinon que l’homme tend à rechercher toujours son plaisir et son bonheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui fait que l’article de Diderot sur la morale ne trouvera pas d’issue réelle... il faudra aller voir sous la rubrique «éthique» pour être redirigé vers le mot «morale» qui renvoie à son tour vers «éthique» ! Comme quoi la morale est une chose si relative qu’elle ne se peut vraiment définir.
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<title>Usbek aurait été blogueur</title>
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<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Littérature</category>
<pubDate>Sun, 09 Apr 2006 21:19:00 -0400</pubDate>
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&lt;img src=&quot;http://nadiagosselin.hautetfort.com/media/01/02/527053513.jpg&quot; id=&quot;media-1079694&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;page1-367px-Montesquieu_-_Lettres_persanes,_Tome_II.djvu.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Depuis quelques mois, je traîne en longueur ma lecture des Lettres Persanes de Montesqieu. Je viens d’y replonger quelque peu et je découvre dans la réflexion que fait Usbek à Rhedi, dans la lettre XLVIII, une manière d’être et de penser qui ressemble au blogueur type :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Ceux qui aiment à s’instruire ne sont jamais oisifs : quoique je ne sois chargé d’aucune affaire importante, je suis cependant dans une occupation continuelle. Je passe ma vie à examiner, j’écris le soir ce que j’ai remarqué, ce que j’ai vu, ce que j’ai entendu dans la journée. Tout m’intéresse, tout m’étonne : je suis comme un enfant dont les organes encore tendres sont vivement frappés par les moindres objets». 
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<title>Littérature comparée</title>
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<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Littérature</category>
<pubDate>Sat, 08 Apr 2006 21:34:00 -0400</pubDate>
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Quelque part entre l’hommage et le mépris …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «De tous les auteurs, il n’y en a point que je méprise plus que les compilateurs, qui vont, de tous côtés, chercher des lambeaux des ouvrages des autres, qu’ils plaquent dans les leurs, comme des pièces de gazon dans un parterre. Ils ne sont point au-dessus de ces ouvriers d’imprimerie qui rangent des caractères, qui, combinés ensemble, font un livre où ils n’ont fourni que la main. Je voudrais qu’on respectât les livres originaux, et il me semble que c’est une espèce de profanation de tirer les pièces qui les composent du sanctuaire où elles sont, pour les exposer à un mépris qu’elles ne méritent point.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Quand un homme n’a rien à dire de nouveau, que ne se tait-il? Qu’a-t-on à faire de ces doubles emplois ? ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[Montesquieu. Lettres Persanes, lettre LXVI - Rica à ***]&lt;br /&gt;----------------&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Je demande pardon aux poètes que j’ai pillés&lt;br /&gt;    Poètes de tous pays, de toutes époques&lt;br /&gt;    Je n’avais pas d’autres mots, d’autres écritures&lt;br /&gt;    Que les vôtres, mais d’une façon, frères&lt;br /&gt;    C’est un bien grand hommage à vous&lt;br /&gt;    Car aujourd’hui, ici, entre nous il y a&lt;br /&gt;    D’un homme à l’autre des mots qui sont&lt;br /&gt;    Le propre fil conducteur de l’homme,&lt;br /&gt;    merci »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[Miron, Gaston. L’homme rapaillé, En une seule phrase nombreuse]&lt;br /&gt;----------------&lt;br /&gt;… et puis, de quel côté penche votre balance ?
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<title>Une crise de jalousie ?</title>
<link>http://nadiagosselin.hautetfort.com/archive/2005/06/09/une-crise-de-jalousie.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Littérature</category>
<pubDate>Thu, 09 Jun 2005 21:03:00 -0400</pubDate>
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Lisez-moi cet extrait de «Madame Sourdis» d’Émile Zola:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://nadiagosselin.hautetfort.com/media/01/00/124576791.jpg&quot; id=&quot;media-1079692&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;zola.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;«Entre eux, aucun mensonge n’était possible; elle était la raison, l’honnêteté, la force, tandis qu’il roulait à toutes les faiblesses, à toutes les déchéances; et ce dont il souffrait le plus, ce qui l’anéantissait devant elle, c’était cette froideur de juge qui n’ignore rien, qui pousse le dédain jusqu’au pardon, sans croire même devoir sermonner le coupable, comme si la moindre explication devait porter atteinte à la dignité du ménage. Elle ne parlait pas, pour rester haute, pour ne pas descendre elle-même et se salir à cette ordure. Si elle s’était emportée, si elle lui avait jeté à la face ses amours d’une nuit, en femme que la jalousie enrage, il aurait certainement moins souffert. En s’abaissant, elle l’aurait redressé. Comme il était petit, et quel sentiment d’infériorité, lorsqu’il s’éveillait, brisé de honte, avec la certitude qu’elle savait tout et qu’elle ne daignait se plaindre de rien !»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas brillant ça ? Dieu que j’aimerais écrire aussi bien que Zola...
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