dimanche, 20 avril 2008

Une solitude essentielle

Écrire.jpg«Il faut toujours une séparation d'avec les autres gens autour de la personne qui écrit les livres. C'est une solitude essentielle. C'est la solitude de l'auteur, celle de l'écrit. Pour débuter la chose, on se demande ce que c'était que ce silence autour de soi. Et pratiquement à chaque pas que l'on fait dans une maison et à toutes les heures de la journée, dans toutes les lumières, qu'elles soient du dehors ou des lampes allumés dans le jour. Cette solitude réelle du corps devient celle, inviolable, de l'écrit. Je ne parlais de ça à personne. Dans cette période-là de ma première solitude j'avais déjà découvert que c'était écrire qu'il fallait que je fasse ». [DURAS, Marguerite. Écrire]

samedi, 23 juin 2007

Métamorphose

papillon.jpgJ’ai une élève, peut-être un peu plus curieuse que les autres, qui a découvert récemment que j’écrivais de la poésie… Ayant quelque penchant semblable pour l’écriture, elle m’a fait part de ses quelques premières esquisses poétiques, lesquelles sont empreintes d’intenses émotions. Rien ne vaut la poésie, lui répondis-je, pour sublimer les afflictions quotidiennes...

La poésie c'est un peu cela ; ce sont les vers qui nous rongent le cœur que l'on met sur papier. On leur dessine des ailes et puis... ils deviennent alors de magnifiques papillons prenant leur envol vers la liberté... d'expression ! C'est la plus belle métamorphose qui soit !

vendredi, 18 août 2006

Une grande inspiration

« (...) ça semble être ta façon de respirer », remarquait l’autre jour un ami que j’entretenais au sujet de l’écriture et de mes projets en cours de réalisation.

Il n’imaginait pas si bien dire. Du moins, je ne le pense pas.

J’ai été un peu surprise qu’il puisse si bien saisir, lui qui, du moins que je sache, n’écrit pas vraiment lui-même quoiqu’il m’ait déjà parlé d’un certain désir de le faire éventuellement.

Écrire est vital.

Écrire, c’est respirer.

Souffler au-delà du temps, des époques. Indépendamment des intempéries, des cataclysmes. Vivre et résister à la mort en fixant à jamais sur le papier les mots qui nous appartiennent, qu’on fait siens, qu’on s’approprie pour mieux se définir, s’immortaliser.

Ah ! Je suis assurément, comme vous le notez si bien, Mandor, dans l’un de vos récents commentaires, une femme «égarée dans les époques mais qui semble vouloir laisser une trace dans celle-ci...».

J’affirme depuis longtemps déjà, à qui veut l’entendre, que je ne trouve pas d’autre sens à ma vie que celui de l’écriture.

TOUT gravite autour de l’écriture.

Mes amitiés, mes amours, mes enfants, les gens que je croise tous les jours, les endroits que je fréquente, les choses que je fais, ce que j’entends, ce que j’aperçois, ce que je goûte, ce que j’aime, ce que je hais...

TOUT, absolument TOUT, sustente mon écriture.

24 heures sur 24.

Ha ha ! quand même ! Et la nuit, me direz-vous ?

...allons donc. Vous n’êtes pas sans savoir qu’un écrivain qui dort est un artiste au travail. Pour preuve, il a toujours papier et crayon, non loin de la table de chevet, question d’être prêt à noter, au beau milieu de la nuit, une phrase qui l’éveille, l’air d’être géniale (et qui peut se révéler bidon le matin venu, ça je vous le concède ! mais tout de même..., de ça on n’en juge qu’à l’aurore).

Si je suis longtemps sans écrire, je manque d’air.

...pas juste noter un message, rédiger la liste d’épicerie, écrire un poème de temps à autre qui s’échappe par une brèche mal colmatée, non, non...

Écrire.

Respirer.

Drainer ses poumons en profondeur.

Une cure d’oxygène.

Si je suis longtemps sans écrire, c’est comme si je retenais mon souffle, les poumons gorgés d’une grande inspiration, que je retiens jusqu’à rougir, puis bleuir dangereusement. Une grande inspiration que je dois laisser jaillir hors de moi sans quoi je risque de mourir étouffée, suffoquée, les poumons prêts d’éclater, trop plein d’une forte inspiration gardée prisonnière derrière les barreaux de ma cage thoracique.

Alors il faut que j’écrive. C’est impératif. Je tasse tout, je renverse tout de sur mon passage. Je mets tout de côté. Je ne m’occupe plus de personne. Je ne veux plus personne autour de moi. Rien que de la solitude. De l’isolement. Rien que de l’écriture. Je ne cherche plus qu’à cesser de retenir mon souffle, expirer enfin, pour ne pas mourir étouffée.

Une seule chose compte : respirer.

Est-ce de l’égocentrisme, dites-moi, (rassurez-moiiiiiiiiiiiiiiii !) que de tasser ainsi tout de sur son passage, rêver que la terre cesse de tourner, juste pour chercher à respirer un peu, à n’importe quel prix, s’il le faut, juste pour ne pas mourir ?

Il faut écrire. C’est impératif.

Comme il faut respirer pour ne pas périr.

Souffler un peu, retrouver l’équilibre, faire sortir ce souffle qui gonfle la poitrine menaçant d’exploser.

Jusqu’à la prochaine grande inspiration (...croyez-vous vraiment que ce soit un pur hasard que ce mot contienne en lui-même un si flagrant double sens !?).

...dont-on a toujours peur –je ne sais trop pourquoi- qu’elle soit la dernière, comme si l’on devait mourir demain.

mercredi, 29 mars 2006

Le fantasme de tout écrivain

Ces temps-ci, je suis à lire les Lettres de Madame de Sévigné. Selon ce qu’affirme le quatrième de couverture (édition GF-Flammarion ), «Madame de Sévigné, célèbre sans avoir jamais rien publié, demeure sans doute l’écrivain français le plus cité et le moins connu».

Il est bien étonnant, n’est-ce pas, qu’on puisse passer à l’histoire en tant qu'écrivain sans jamais n’avoir été l’auteur d’aucun ouvrage authentifié.

«Sans doute, l’ambiguïté du genre épistolaire de la lettre familière en particulier, lui permit-elle d’opposer au fatal dilemme de l’écrivain : l’écriture ou la vie, une solution originale : l’écriture de la vie», nous dit Bernard Raffalli dans son introduction avant d’ajouter, un peu plus loin, que «Mme de Sévigné invente en même temps qu’un rapport humain, un type unique de littérature, rêve secret de bien des écrivains : écrire sans avoir à faire de livre».

Bon. Je n’inventerai pas la roue… la marquise de Sévigné l’a fait bien avant moi.

Maiiiiiis… je constate que j’écris, j’écris et j’écris toujours et encore des tonnes de courriels, entre autres, quand ce n’est pas sur mon blogue ou ailleurs, sans n’avoir pourtant rien publié jusqu’à présent. Cependant, force est de constater que rien n’augure pour que je devienne célèbre un jour…

Bahhh. R’marquez. On peut toujours rêver...

jeudi, 12 mai 2005

Ne rien écrire

J’aurais des tonnes de choses à dire. Mais parfois, il vaut mieux se taire. C’est alors que je retrouve mes bonnes vieilles habitudes qui reviennent au galop; je me tire dans un coin et j’observe silencieusement.

L’observation est le laboratoire de l’écrivain.