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vendredi, 31 octobre 2008
Du devoir de l'écrivain
J'ai cru, pendant un certain temps, qu'une fois un roman publié l'auteur avait terminé son ouvrage. Ne restait plus qu'à le laisser vivre entre les mains du lectorat.
Après réflexion, j'en suis venue à considérer les choses autrement : il m'est apparu que l'auteur ne pouvait se contenter que de se vautrer orgueilleusement dans la louange, lorsqu'elle le couvrait généreusement, puis, en contre partie, faire bêtement l'autruche lorsqu'on écorchait son œuvre au passage. On assume son ouvrage entièrement ou pas du tout. Pour le meilleur et pour le pire.
Je ne suis pas, faut-il le dire, de nature guerrière. L'idée de répliquer chaque fois qu'une critique me semble inappropriée m'a semblé un combat épuisant à mener; j'ai eu le goût de lancer d'emblée la serviette et d'y renoncer.
Mais si les critiques peuvent se permettre, du revers de la main, de balayer ce qu'un auteur a mis des heures à échafauder, en s'autorisant à juger de ce qui semble ou non correct dans un ouvrage, pourquoi donc, en juste retour des choses, l'écrivain ne pourrait-il pas juger à son tour de ce qui semble ou non pertinent dans une critique?
De cette réflexion est née cette nouvelle conviction : la critique, du simple fait de ce qu'elle est, ne doit pas forcément avoir toujours le dernier mot. Elle doit encourager plutôt les débats.
Répliquer -lorsqu'il semble nécessaire de le faire pour défendre l'intégrité de son œuvre et la pertinence de ses choix- devient alors un excellent exercice rhétorique auquel l'auteur ne doit pas se soustraire. Voilà l'occasion, plutôt, de prouver la cohérence de son travail.
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Ecrit par : Nadia Gosselin | samedi, 01 novembre 2008
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