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lundi, 28 août 2006
C’est géant !
Eh bien ! J'ai l'indicible honneur de tenir dans mes mains, depuis cet après-midi, l'un des tout premiers exemplaires imprimés du Poète Éléphant ! ce fameux chef d'œuvre mésestimé de notre littérature contemporaine. Je n'en démords pas ; cela vaut amplement L’Homme rapaillé de Gaston Miron !
C’est bien dommage que l’édition traditionnelle –trop mercantile à mon goût, capitalisme oblige- ne puisse considérer la pure qualité littéraire comme premier élément décisif de ses choix éditoriaux. Sans quoi on aurait eu le bonheur de tenir ce précieux livre entre nos mains depuis longtemps déjà. Ce petit bijoux -appartenant désormais à notre patrimoine littéraire québécois, ne serait-ce que par l’officiel ISBN apparaissant en quatrième de couverture, qui le figera à jamais, comme cryogénisé, dans nos archives nationales- finira par faire son petit bonhomme de chemin, fusse-t-il destiné à un lectorat averti, littéraire s’entend. À vos claviers, lecteurs ! Il faut absolument commander votre exemplaire !
Dès lors, Gary, je m’incline bien bas. Tu auras publié papier avant moi ! Toutes mes félicitations pour cette superbe concrétisation. Il faudra prévoir un prochain café à Longueuil afin que je puisse voir ajouter une dédicace, signée de ta main, à mon cher exemplaire.
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vendredi, 18 août 2006
Une grande inspiration
« (...) ça semble être ta façon de respirer », remarquait l’autre jour un ami que j’entretenais au sujet de l’écriture et de mes projets en cours de réalisation.
Il n’imaginait pas si bien dire. Du moins, je ne le pense pas.
J’ai été un peu surprise qu’il puisse si bien saisir, lui qui, du moins que je sache, n’écrit pas vraiment lui-même quoiqu’il m’ait déjà parlé d’un certain désir de le faire éventuellement.
Écrire est vital.
Écrire, c’est respirer.
Souffler au-delà du temps, des époques. Indépendamment des intempéries, des cataclysmes. Vivre et résister à la mort en fixant à jamais sur le papier les mots qui nous appartiennent, qu’on fait siens, qu’on s’approprie pour mieux se définir, s’immortaliser.
Ah ! Je suis assurément, comme vous le notez si bien, Mandor, dans l’un de vos récents commentaires, une femme «égarée dans les époques mais qui semble vouloir laisser une trace dans celle-ci...».
J’affirme depuis longtemps déjà, à qui veut l’entendre, que je ne trouve pas d’autre sens à ma vie que celui de l’écriture.
TOUT gravite autour de l’écriture.
Mes amitiés, mes amours, mes enfants, les gens que je croise tous les jours, les endroits que je fréquente, les choses que je fais, ce que j’entends, ce que j’aperçois, ce que je goûte, ce que j’aime, ce que je hais...
TOUT, absolument TOUT, sustente mon écriture.
24 heures sur 24.
Ha ha ! quand même ! Et la nuit, me direz-vous ?
...allons donc. Vous n’êtes pas sans savoir qu’un écrivain qui dort est un artiste au travail. Pour preuve, il a toujours papier et crayon, non loin de la table de chevet, question d’être prêt à noter, au beau milieu de la nuit, une phrase qui l’éveille, l’air d’être géniale (et qui peut se révéler bidon le matin venu, ça je vous le concède ! mais tout de même..., de ça on n’en juge qu’à l’aurore).
Si je suis longtemps sans écrire, je manque d’air.
...pas juste noter un message, rédiger la liste d’épicerie, écrire un poème de temps à autre qui s’échappe par une brèche mal colmatée, non, non...
Écrire.
Respirer.
Drainer ses poumons en profondeur.
Une cure d’oxygène.
Si je suis longtemps sans écrire, c’est comme si je retenais mon souffle, les poumons gorgés d’une grande inspiration, que je retiens jusqu’à rougir, puis bleuir dangereusement. Une grande inspiration que je dois laisser jaillir hors de moi sans quoi je risque de mourir étouffée, suffoquée, les poumons prêts d’éclater, trop plein d’une forte inspiration gardée prisonnière derrière les barreaux de ma cage thoracique.
Alors il faut que j’écrive. C’est impératif. Je tasse tout, je renverse tout de sur mon passage. Je mets tout de côté. Je ne m’occupe plus de personne. Je ne veux plus personne autour de moi. Rien que de la solitude. De l’isolement. Rien que de l’écriture. Je ne cherche plus qu’à cesser de retenir mon souffle, expirer enfin, pour ne pas mourir étouffée.
Une seule chose compte : respirer.
Est-ce de l’égocentrisme, dites-moi, (rassurez-moiiiiiiiiiiiiiiii !) que de tasser ainsi tout de sur son passage, rêver que la terre cesse de tourner, juste pour chercher à respirer un peu, à n’importe quel prix, s’il le faut, juste pour ne pas mourir ?
Il faut écrire. C’est impératif.
Comme il faut respirer pour ne pas périr.
Souffler un peu, retrouver l’équilibre, faire sortir ce souffle qui gonfle la poitrine menaçant d’exploser.
Jusqu’à la prochaine grande inspiration (...croyez-vous vraiment que ce soit un pur hasard que ce mot contienne en lui-même un si flagrant double sens !?).
...dont-on a toujours peur –je ne sais trop pourquoi- qu’elle soit la dernière, comme si l’on devait mourir demain.
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