« Relative jeunesse, mais tout de même ! | Page d'accueil | Pour une philosophie du sexe »

mardi, 09 août 2005

Pour une philosophie du sexe

Un bref coup d'œil aux contrées pornographiques du Web permet de faire le triste constat suivant : le sexe est résolument en mal d'amour. Non seulement en mal d'amour partagé mais aussi, et surtout, en mal d'amour propre.

Je n'ai rien contre le libertinage et les excentricités érotiques. Le sexe est un exutoire auquel on a recours selon sa personnalité. Grand bien nous fasse. Ce qui m'afflige est bien autre chose, et c'est plus que la vulgarité elle-même, mais précisément l'avilissement qui en découle et dont les femmes -dusse-je vous rebattre les oreilles avec cette sempiternelle remarque- écopent, semble-t-il, toujours aussi inévitablement.

Soyons clairs, cependant : on ne fait bien sûr pas l'amour en gardant son chignon et ses lunettes aussi intellectuelle que l'on puisse être. Toutes les fantaisies peuvent bien être permises, faut-il s'en remettre alors à nos instincts les plus élémentaires (n'osant parler ici de "bas instincts", l'expression étant consacrée péjorative) lesquels regorgent, comme vous n'êtes pas sans le savoir, de créativité. Mais à consulter les sombres méandres du Net, réservés aux adultes, j'en viens à me demander si les femmes intelligentes et distinguées peuvent éventuellement faire bander les hommes. On en trouve apparemment peu dans le cyberespace.

Il est un fait qu'on ne fournisse pas à ces belles dénudées une seule occasion de s'exprimer, muselées qu'elles se trouvent par le caractère figé des photos. Mais faut-il souligner que les brefs textes commentant ces illustrations s'entendent tous pour qualifier invariablement ces femmes de "salopes", de "chiennes" et de... je vous épargne les autres épithètes, lesquelles sont toutes aussi dégradantes que répandues et émétiques.

Faut-il que le sexe soit revisité par les femmes pour qu'il reprenne ses lettres de noblesse ? J'aimerais pouvoir constater qu'il redevient ce qu'il n'aurait jamais dû cessé d'être; un hymne à la vie, à la jeunesse et à la beauté, aux doux plaisirs de la chair, au mystérieux envoûtement de l'érotisme, aux multiples jouissances possibles et un hommage enflammé -on s'entendra pour le dire- à la beauté du corps des femmes dont la variété doit être célébrée ne serait-ce que pour ce qu'elle donne à rêver aux hommes.

À quand un peu de philosophie et de poésie pour raviver les joies du sexe ?

Ecrire un commentaire